Un “projet d’amélioration de l’établissement” qui doit être arrêté en septembre, inquiète les 99 employés de l’entreprise de Thuir qui avait été mise en vente en 2005. La direction affirme qu’aucune conclusion définitive n’a encore été tirée.
La direction de l’entreprise Cusenier Caves de Byrrh à Thuir, a organisé mardi des réunions d’information, afin de faire un point sur “le projet d’amélioration de l’établissement” dont l’ensemble des conclusions définitives sera communiqué en septembre prochain. Ces informations “d’étape” ont inquiété les salariés déjà sur leurs gardes. En effet, le groupe Pernod-Ricard, qui avait acquis le célèbre site de Byrrh en 1976, a annoncé, il y a 18 mois, son intention de vendre sa filiale. Il avait déjà vendu quelques semaines auparavant la société Sopagly, N°1 européen du jus de raisin, basée au bord de l’ancienne N9 entre Salses et Rivesaltes.
Les deux entreprises des P.-0. ne semblent plus correspondre à la stratégie du groupe qui aspire à devenir le N°1 mondial. En effet, depuis l’acquisition du Britannique Allied Domecq, il occupe la seconde place, avec 6milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA) derrière un autre britannique Diageo. Après cette acquisition, Pernod Ricard ne réalisait plus que 16% de son CA dans les spiritueux en France, contre 83% il y a 30 ans, lors de la fusion des deux sociétés d’apéritifs anisés. Pour réaliser ses ambitions, le groupe compte surtout sur des produits qui dégagent de fortes marges, comme le champagne, le cognac, le whisky ou la vodka.
Il tente donc de se délester des entreprises élaborant des produits dont les marges ne sont pas aussi fortes, comme les ABV (apéritifs à base de vin) de Thuir. La vente de Cusenier avait été annoncée “dans les six mois – un an” mais elle a tardé à se concrétiser.
Stéphane Mazaleyrat, le délégué syndical FO du site de Thuir, raconte la suite:”Pernod SA a souhaité améliorer les performances de Thuir pour rendre le site plus compétitif et on nous a proposé le 6novembre 2006 un projet de remise à niveau avec l’accompagnement du cabinet Axel Boss pour identifier les axes d’amélioration et réduire les coûts.
Ce projet nous a été vendu comme bénéfique et on nous a répété: il faut s’impliquer, il faut y croire”.
Déception des salariés
Le délégué syndical se fait le porte-parole des autres salariés pour traduire l’amertume ressentie après le rapport d’étape qui vient d’être fait:”le 5avril en comité central d’établissement au siège de Pernod à Créteil, j’avais demandé que la direction présente les perspectives du projet dont la synthèse définitive doit être communiquée en septembre. Le P-DG a fait un point et je me suis aperçu que le travail du personnel avait servi d’argument pour justifier des pertes d’emplois. J’ai donc demandé à la direction de communiquer sur le projet auprès des salariés qui ont pu voir qu’on nous a trompés sur sa finalité. Le calcul du nombre de postes est réalisé en termes de coût horaire et de coût par col et les conclusions sont accablantes”.
Cusenier – Caves de Byrrh réalise 14,9millions de cols par an et emploie 99 personnes. Les salariés estiment qu’à partir des chiffres communiqués, 14 départs à la retraite ne seraient pas remplacés et que 7 CDD et intérimaires ne seraient pas renouvelés. Une réflexion a aussi été engagée sur les activités ménage – gardiennage qui représentent 9 emplois et sur les visites qui emploient 3 personnes en CDI. Ces visites sont l’une des principales activités touristiques du département.
De son côté, le directeur de Cusenier, Patrick Guidici, se montre rassurant: “il ne s’agit que d’un point date et aucune décision définitive n’a été arrêtée. Le projet court jusqu’en septembre”.
Les salariés, eux craignent une “évolution encore plus négative” et annoncent leur volonté de réagir, selon la tournure que vont prendre les événements.
Source: L’independant